EN PISTE, LES ARTISTES

     Si vous lisez et vous intéressez à l’histoire, vous savez que le terme de « Piste » était utilisé chez Jouef pour désigner un réseau d’essais, puis un réseau « de démonstration » en général.
     J’utilise donc à mon tour volontairement cette appellation, en regard de l’hommage permanent que je porte à l’entreprise et son personnel, qui fabriquait pour nous dans le Jura ces trains miniatures que l’on aimait tant.
     L’ami Clive Lamming, pour préparer son livre « Jouef, l’intégrale », ne pouvait pas rencontrer « tout le monde », d’abord à cause du temps et des déplacements considérables nécessaires. Au cours de ses entretiens avec « les Jouef », ceux-là pouvaient oublier de lui citer l’existence et la tâche de certaines personnes, qui n’apparaissent donc pas dans son excellent ouvrage. Pour certaines, c’est peut-être « tant pis », pour d’autres, moins.
     Ma reconnaissance s’adresse aussi à des gars comme Marc Viennet, responsable du « mercandisingue » à partir de 1995. Enfin quelqu’un à l’écoute des modélistes, venant au stand de la F.F.M.F. au Salon de la Maquette, posant des questions, ramenant tout le « staff » de chez Jouef pour leur montrer ce que nous faisions. Le rapprochement avec le C.F.F.C. (commencé en 1996 avec la BB 66400), a pu se faire grâce à lui. Il a dû malheureusement quitter Jouef trois ans après (entente impossible avec le directeur de l’usine).
     Loïc Perret, Patrick Beaud, Denis Cobat du bureau d’études. On leur doit entre autres les 66400, les 72000, 6500, 21000, 36000, 141 P… Je parle bien sûr des modèles de ces années-là. Ceux avec une gravure très fine et une moto-transmission enfin à la hauteur des modèles d’autres marques réputées.
     Pierre Dubois (voir dans la rubrique « Noël 2010…. Mémoires d’un enfant du rail …miniature ») certes un « intermittent », mais qui nous tenait au courant des projets et transmettait les questions (exemple, avant la sortie de la 141 R 1187 « Jouef club » en 1991 : « Que modifier et ajouter pour améliorer le modèle habituel ? ») C’était comme ça, dans les années 80 et jusqu’au milieu des années 90, jamais de communication (« officiellement ») avec les amateurs. Toujours indirectement. 
     Alors Pierre Dubois, il s’occupait des « Pistes » Jouef. Il travaillait à « l’Entrepôt ». Il en construisait à tour de bras. Des pas bien grandes, en général un mètre par deux environ. Elles étaient prêtées aux périodes des fêtes de fin d’année aux supermarchés qui vendaient encore des coffrets Jouef. Elles étaient expédiées bien bichonnées, le contour verni et tout. Faute de personnel pour s’en occuper ou même simplement avoir l’œil dessus, elles revenaient en l’état d’une plaque de bois ornée d’un décor désertique, genre après le passage d’un typhon ou attaque nucléaire. Tout avait été arraché et fauché (comme tout ce qui est laissé sans surveillance aujourd’hui). Pierre les remettait en état, jusqu’à ce que -de guerre lasse- ce service finisse par être  totalement abandonné.

HISTOIRE DE MA PISTE   

      Au début de l’année 2003, j’ai dû détruire mon réseau monolithique (voir « Loco-Revue » N° 486 - oct. 1986), avant mon déménagement en Auvergne. A mon installation à Romagnat, il me manquait donc un circuit de voies pour les mises au point et tests d’endurance de mes modèles de locomotives. J’ai posé deux « ovales » de voies concentriques « Roco line » avec ballast « caoutchouc » sur une plaque d’aggloméré avec revêtement mélaminé blanc (rayon des courbes : 535 et 610 mm). Bien qu’installée à 1,55 m de hauteur (posée sur deux armoires de rangement en plastique), elle était au beau milieu de la pièce me servant d’atelier, là où j’utilisais presque quotidiennement mes machines-outils. Beaucoup de poussières et de limailles étaient volatilisées dans ce local, durant ces années où je fabriquais mes kits de locos et celui de re-motorisation du Picasso Jouef. Cette surface mélaminée -donc parfaitement lisse- permettait un dépoussiérage facile et rapide.
      A mon déménagement à Dole en décembre 2006 puis à Belmont en octobre 2009, j’ai remis ma « Piste » à la même place au milieu de la pièce me servant d’atelier. Je peux effectuer divers essais et mises au point debout sans me « casser le dos », les roues et embiellages de mes locos se trouvant à hauteur des yeux (voir la rubrique « Historique locomotives M.T…. Vidéos : et pourtant, elles tournent »)
     Depuis quelques temps, je songeais à refaire un petit coin de décor chez moi, pour y voir évoluer mon matériel roulant. Je pensais reproduire un parc à combustibles comme celui de Dole, par exemple. Mais il faut une grande longueur de voies en ligne droite, ce qui – j’ai vite dû me rendre à l’évidence – n’est pas possible dans notre pavillon. Une succession de « Micro-modules » à la façon de mes amis du club R.M. 25, en étagère le long des murs ? Impossible, la pièce me servant d’atelier est la buanderie, avec toutes sortes d’équipements contre les murs, qui ne peuvent être déplacés : Cumulus vertical de 300 litres, compteurs et tableau électriques, lave-linge surmonté du sèche-linge, porte, deux fenêtres, et mon établi avec dessus mes machines-outils tout au long de deux des quatre murs. Ma seule possibilité reste donc « l’îlot central ». Alors, une plaque tournante avec quelques voies en éventail, pourquoi pas ? Cela me permettrait de placer mes locomotives « à la parade », effectuer des manœuvres, les retourner… Oui, mais à condition que la plaque ait un fonctionnement acceptable. On m’avait toujours dit que celles de marque Fleischmann fonctionnent de manière satisfaisante. Mais, quand j’ai vu leur prix actuel… A la dernière expo de St Mandé, j’en ai parlé à un ami modéliste. Ca tombait à pic : il en avait justement une ancienne, dont il n’avait pas l’utilité et était disposé à me vendre. Comme quoi on a toujours intérêt à fréquenter les expos ! Je suis donc rentré avec, restait plus qu’à faire des plans pour arriver à la caser sur la modeste surface de ma piste, et surtout – un vrai casse-tête, je vous l’assure -  arriver à déterminer un cheminement d’accès à la plaque depuis le « ovale » de voie extérieur, sans qu’aucune courbe n’aie un rayon inférieur à 535 mm. Et bien les amis, sur le papier je n’y suis pas parvenu…
     J’ai réfléchi durant plusieurs semaines. Tout en cherchant le plan de voies idéal compte-tenu des contraintes, j’ai parcouru tous mes livres concernant les dépôts vapeur pour m’en inspirer. Finalement, j’ai décidé que mon décor reproduirait un petit dépôt-annexe « d’inspiration libre » comme on dit, mais bien sûr avec des installations plausibles et dans le style de la région Sud-Est, à l’époque III (années 50/60).    

   Comme écrit plus haut, le plan de voies sur ma piste originelle était constitué de deux « ovales » de voies imbriqués et reliés par une paire d’aiguillages. Tout cela en éléments Roco-Line (code 83) sur ballast « caoutchouc ». Toutes les courbes étant constituées d’éléments séparés. D’abord, pourquoi ces choix ? Sur ballast « caoutchouc » pour le silence de roulement (dommage que cette gamme soit maintenant supprimée), et en éléments courbes séparés pour la régularité. L’expérience de dix années d’expos avec le réseau « Gare de Dole » nous avait amenés à ce constat : sur les boucles de retournement, la courbe continue et les deux contre-courbes donnent une forme de poire. Pour limiter l’encombrement et faciliter le transport de ces boucles, ces voies courbes ne peuvent qu’avoir un rayon relativement faible, de l’ordre de 600 mm. Au départ, nos longs convois de 3, 50 à 4 mètres déraillaient souvent dessus, et nous nous étions aperçus que c’était à cause des irrégularités dans le cintrage – forcément manuel – des longs éléments de voie « courbable ». Les wagons étaient « ballottés » : le boudin de leurs roues venait se cogner tantôt contre le rail intérieur, tantôt contre celui extérieur. Ce phénomène  ne se produit pas en roulant sur des secteurs courbes, puisque cintrés d’origine à la machine, ce qui leur donne une parfaite régularité. Nous avions donc abandonné – pour les voies de nos boucles de retournement – la voie « courbable » au profit de secteurs, et n’avions plus eu aucun souci. Tirant leçon de cette expérience, j’ai naturellement décidé de réutiliser ce que j’avais, et qui me donnait satisfaction.
     C’est en positionnant la plaque et les secteurs de voies tantôt ici, tantôt là, que j’ai pu déterminer – d’une manière totalement empirique donc – l’emplacement de la plaque et le plan de voies d’accès définitif. Je n’ai eu besoin de racheter qu’un aiguillage courbe Roco. En réutilisant les secteurs du « ovale » de voie intérieur (le ballast « caoutchouc » étant retiré pour les mettre au même niveau que celui de la plaque tournante), j’ai pu réaliser le cheminement d’accès à la plaque sans jamais avoir de courbe d’un rayon inférieur à 535 mm. C’était pour moi une condition « sine qua non ». Sachez que sur des courbes de ce rayon-là, on ne peut - par exemple - faire circuler les 2D2 9100 Roco qu’à condition de ne pas poser leurs marchepieds. Mais toutes mes locos vapeur passent, c’est là pour moi l’essentiel.
     La vieille plaque tournante Fleischmann était dotée, à l’origine, de 6 départs de voies de garage en éventail, 2 autres en face, et de celui de la voie d’accès entre les deux groupes. Ces courts secteurs de voies et le pont tournant lui-même étaient constitués d’énormes rails jaunes en laiton. Comme ils étaient maintenus par des agrafes (aussi en laiton), j’ai pu facilement les remplacer par des profilés en maillechort plus fins, pris sur des voies Roco-Line code 83. J’ai supprimé les 2 départs de voies du groupe situé en face de celui des 6 voies, ne pouvant absolument pas les utiliser, vu leur orientation.
     Mon plan de voies est vraiment « minimal », il comporte en tout 3 aiguillages. Mais l’accès au dépôt se faisant « en tiroir » j’ai pu placer, entre l’aiguillage et la plaque tournante : un tas de briquettes, un parc à charbon, un local TIA, une fosse à piquer et une grue à eau.

Le petit local TIA de Besançon – pompeusement baptisé « Centre de traitement des eaux » - m’a tapé dans l’œil et je m’en suis donc inspiré. Puisque je ne pouvais placer une fosse à scories qu’en courbe, j’ai placé des renforts entre les rails à la façon de Guingamp.

Clin d’œil à Mr Fénino. Mâcon, 1947…
Ben, c’est déjà pas mal, non ? De l’autre côté de l’aiguillage, la voie en tiroir, suivant d’abord le tracé de l’ancien « ovale » intérieur, se prolonge au-delà par un cheminement aléatoire autour des voies en éventail du dépôt, en disparaissant sous les herbes folles et les buissons. Malgré le peu de place disponible, j’ai pu ainsi réaliser ce thème cher à mon cœur : celui de « la voie abandonnée », sur laquelle j’ai évidemment aussitôt disposé des locomotives rouillées en « attente de démolition », comme celles réelles dans lesquelles j’aimais aller jouer les jeudis et les dimanches lorsque j’étais gosse. 

Un thème qui m’est cher : la voie abandonnée.

   J’ai choisi la grue à eau, le château d’eau et le poste EDF dans la gamme des magnifiques bâtiments de l’ami Patrick Noyelles (Sud Modélisme)
     Afin de dissimuler à ma vue le parcours des convois sur la zone opposée, j’ai élevé une colline centrale sur la moitié de la surface (celle non-occupée par le dépôt).

Pour faire le volume des collines, j’ai d’abord découpé et collé des couples en contreplaqué de 5 mm. Les espaces sont ensuite remplis avec du papier journal froissé.

Sur le papier froissé, des cordons jointifs de mousse polyuréthane sont déposés.

Le lendemain, lorsque la mousse polyuréthane est bien polymérisée, elle est tranchée avec un couteau dont la lame est crantée.

Derrière celui-ci, un court tunnel genre « manteau de chien » (d’après l’expression d’Alain Pras)
Les différentes étapes de construction du tunnel.
et la file immobile des locos rouillées jouent également le rôle de « diviseur scénique ». 
     Précaution importante : dans notre famille il y a deux jeunes garçons. Ils s’intéressent bien sûr beaucoup plus à « mon train » depuis que ma piste à commencé à recevoir des décors. On sait bien ce qui se passe dès qu’on a le dos tourné : eux tournent le bouton pour faire rouler à fond la caisse. Jusqu’à ce qu’une loco bascule dans une courbe, ou simplement que le convoi déraille en pleine vitesse. Vous imaginez le résultat après une chute d’un mètre cinquante-cinq… J’ai donc pris soin – et ne saurais trop vous le conseiller – de poser une bordure tout autour. Faite de bandes de contreplaqué de 5 mm d’épaisseur, elle ne remonte du niveau de la piste que de 2 centimètres. C’est suffisant et très efficace pour retenir le matériel roulant en cas de déraillement.

La bordure du contour – destinée à empêcher le matériel roulant de tomber au sol en cas de déraillement – présente une pente comme au bord d’une voie en tranchée. Son volume est obtenu par un cordon de mousse polyuréthane, tranché puis recouvert d’enduit de rebouchage.

Ma piste étant perchée à 1, 55 m de hauteur, j’ai scié « sur mesure » une échelle (celle de la bibliothèque « Billy » d’Ikéa, pas chère du tout) afin qu’elle puisse être accrochée sur la bordure de la piste, à n’importe quel point de son pourtour. Ainsi notre cadet peut se hisser au bord de la scène pour assister au spectacle …mais uniquement en présence de son « Dabe » ! (En mon absence, l’échelle est suspendue à ses crochets derrière la porte de l’atelier). Si je vous raconte ces détails sur notre vie de famille, c’est pour vous donner mes combines, qui pourront peut-être vous servir. Justement, un dernier point que j’allais oublier : j’ai installé un rideau autour de ma piste, suspendu au plafond. Afin de pouvoir le former exactement comme le contour de ma piste, j’ai utilisé du tube de diamètre 12 mm, en cuivre recuit (celui en couronne). J’ai fixé cette « tringle » au moyen de colliers « Atlas » avec des chevilles à « Placo ». Seulement trois colliers, car les anneaux du rideau ne peuvent pas les franchir.

Le tube de cuivre recuit, formé en tringle à rideau « arrondie » et fixée au plafond.
Le rideau est donc constitué de trois coupons, c’est le minimum possible. A « Mondial tissus », j’ai trouvé du coton assez léger de couleur gris clair. Ce rideau a deux fonctions : il me sert de fond de couleur neutre pour faire des photos, et de protection de mon décor contre la poussière lorsque j’utilise mes machines-outils.
L’espace entouré de rideaux est à l’abri de la poussière.
     Pascal Garnier, un ami modéliste qui a décidé de changer d’échelle l’an dernier (il est « passé au zéro »), m’avait alors fait don de quelques éléments de décor de sa fabrication, parmi lesquels un heurtoir, une petite remise à locomotive et un bâtiment voyageurs. J’ai été ravi de pouvoir les placer sur mon décor. N’ayant pas représenté de gare, j’ai reconverti le b.v. en bâtiment de bureau et dortoirs pour les équipes de conduite, après avoir « muré » quelques portes.
La gare de Pascal Garnier est reconvertie en foyer des roulants.
Le heurtoir a pris place au bout de la voie en impasse (autre extrémité restante de l’ancien « ovale » de voie intérieur). Le long de cette voie, un quai à marchandises (éléments provenant également de Pascal) est devenu partie intégrante d’un poste de ravitaillement en gaz-oil pour locotracteurs et autorails. Enfin, la petite remise à locomotive est provisoirement placée dans le dépôt mais sans voie, laissant supposer que celle d’origine a été supprimée lors de la construction de la plaque tournante, le bâtiment étant conservé pour une autre utilisation. Ce bâtiment, je ne l’ai pas fixé au sol, juste posé.  Ainsi je pourrai le retirer pour dégager au maximum l’espace autour des voies en éventail lorsque je ferai des photos de modèles sur ces voies.
     Les photos ! Bien sûr, j’ai prévu de me servir de ce décor pour y photographier toutes sortes de matériels roulants présents et à venir, cela – je l’espère – pour votre plaisir. Puisque je parle de photo (ferroviaire), impossible de ne pas aborder maintenant ma relation avec Dominique Buraud, le maître incontestable dans ce domaine.
     Une grande complicité s’est naturellement établie entre nous depuis le jour où il m’a invité pour la première fois chez lui, c’est à dire « à Soumagnac », l’œuvre majeure (voir les deux hors-série « Le Train-les super-Réseaux » tome 7 et tome 10).  Nous avons les mêmes préférences : région Sud-Est à l’époque des années 50 et 60, et toute l’ambiance retrouvée grâce aux nombreuses scènes et détails. Nous ne pouvons nous résoudre à laisser notre matériel roulant dans son aspect « plastique brillant » d’origine (voir la rubrique « Pourquoi super-détailler et patiner un modèle ? ») Nous partageons également la satisfaction de réaliser – à partir de quelques morceaux de laiton ou plastique – des constructions personnelles qui font notre bonheur. Et aussi, par-dessus tout ça, nous avons (avec Michel Beaud) ce goût  des histoires pleines de clins d’œil que l’on se raconte autour de décors évocateurs. Sans l’avoir formalisé par un regroupement quelconque (club, association…), nous nous tenons au courant l’un et l’autre de nos idées, projets, réalisations, déboires… Par exemple, j’ai parlé de mon chantier, de ce que je voyais sur « Soumagnac » et de ce qui me faisait défaut. Particulièrement des pylônes en croisillons métalliques typiques dans les dépôts à l’époque qui nous intéresse (avant l’ère des poteaux en béton). Ces pylônes avaient différentes hauteurs, certains supportaient des câbles d’alimentation électrique de moyenne tension, d’autres des éclairages avec leurs fils (Il ne s’agit pas des pylônes « flood » d’éclairage général, d’une hauteur de 30 mètres qui sont encore présents dans la réalité). Dominique m’a envoyé gracieusement quelques éléments qui lui restaient et dont il n’avait plus l’utilité.

L’un des pylônes « importés de Soumagnac ». A droite, le château d’eau et la grue à eau Sud Modélisme.

     Je suis heureux et fier d’avoir tous les jours sous les yeux ces choses qui me viennent d’amis chers.

Le portique du TIA, copie conforme de celui de Soumagnac, sauf la plus grande hauteur, pour pouvoir rentrer ou sortir des locos électriques du dépôt sans arracher un panto levé.

   Je les ai écouté, mes potes : il faut « donner un nom ». Ah, bon. Alors, c’est décidé, ce sera « Sainte Piste ». « Piste », pour l’hommage aux Jouef (Jouef-aux-mages). « Sainte », parce que « Sainte Piste » évoque notre « quête du graal », notre chemin « de composteurs », une voie unique de montagne en Lozère, quelque chose comme ça… Et puis, pourquoi pas « Sainte Piste » d’abord ? Y’a bien « Sainte Pazanne » (célèbre « chandelier »). Ca « chie à l’oreille », ça me botte, et faudra vous y faire, na !

Bien que le décor de Sainte Piste soit inspiré de la région Sud-Est,  il y a des jours où l’on peut se croire « à l’Ouest », comme dernièrement lorsque plusieurs « Mikado Etat » et 140 C sont venues subir des travaux d’entretien.

  Il me reste beaucoup de détails à installer, selon mon temps disponible pour ça et au gré de mon imagination. Mais cette nouvelle phase sera aussi agréable que longue (en fait, sans fin).     
« PéhaiLèMisation de ma plaque tournante »

     L’hiver dernier (2013) a été particulièrement long. Devant rester à l’intérieur, j’en ai profité comme probablement beaucoup d’entre vous pour avancer dans la confection de petits détails dans le décor. Ils prennent beaucoup de temps, donc on reporte souvent ce travail, car jugé non urgent :
     Leviers de commande manuelle des aiguilles, leurs gardes-corps, ainsi que ceux le long d’une fosse, pancartes kilométriques, de pré-signalisation…
     J’ai aussi fabriqué une trentaine de mélèzes (façon Didier Lemaitre, avec des branches d’asparagus fichées dans des tourillons de hêtre taillés en pointe), pour « meubler » la colline et ainsi renforcer le « diviseur scénique » (comme ils disent).
     Enfin, j’ai masqué les roulettes de ma plaque tournante Fleischmann. Elles sont particulièrement moches (voir sur les photos prises précédemment sur mon décor), aussi il me tardait de bricoler quelque chose qui rendrait cette plaque plus ressemblante à une vraie en France, et plus particulièrement dans les régions Sud-Est et Méditerranée. En observant les photos, on voit que les roues sont d’un assez grand diamètre et qu’elles dépassent du niveau du sol, parfois d’une bonne moitié, parfois moins.
     Pas question pour moi de tenter de modifier mécaniquement cette plaque Fleischmann qui a un fonctionnement très convenable. Ayant remarqué que dans certains dépôts (exemple parmi d’autres : Nice St Roch, voir photo), ces roues étaient masquées par un capot en tôle, j’ai reproduit ces capots dans des chutes de résine, et les ai posés sur des coupons de tôle de maillechort (chutes de photogravures), au-dessus des (bien trop petites) roulettes fonctionnelles de ma plaque. Sans oublier bien sûr d’installer un platelage avec manivelles pour représenter la commande manuelle, côté opposé à celui de la cabine de commande électrique. Ainsi ces équipements ajoutés, en les cachant, donnent l’illusion de protéger des roues, supposées aux bonnes dimensions.
     J’ai pris les quelques photos qui suivent au cours de la réalisation, pour vous montrer cette opération par l’image. Vous pourrez aussi apercevoir ces détails sur les photos illustrant « Rabruti », dans la rubrique « En avant les histoires ».

                                                  Eric Seibel – mai 2013

« Tiens, y’a les « Villeneuve » qui sont là … »
     Commentaire entendu lorsqu’une équipe spécialisée dans les constructions ou réparations de rotondes ou ponts tournants venait opérer au dépôt au temps du PLM. En l’occurrence, il s’agit ici de la réfection de la plaque du dépôt de Dole au milieu des années 60. Il peut donc plutôt s’agir d’une équipe des ateliers de Nevers.
     Outre qu’elle dévoile la structure et les roues de la plaque - levée pour réfection de son pivot – cette photo montre aussi de l’outillage spécifique (grue, WSGI…)
     On aperçoit l’avant d’une BB 16500, équipée d’un soc. Elle est probablement stationnée sur une voie accessible par l’autre côté (voie d’entrée, de sortie ?), car sinon elle serait prisonnière pour plusieurs jours…
 (photo Georges Perrot, Coll. Eric Seibel)

 

LE DÉCOR DE LA SAINTE PISTE EN VIDÉOS

De l'avion de Mr Henrard
 
Du pont des soupirs
 
La Cécile part en Bourgogne
 
Seine et Marne, ton univers impitoya-a-bleu
 
Sortie de la R 712 Dijonnaise

Et pour chaque nouvelle scène : « en avant les histoires ! » 

   Eric Seibel – juillet 2012