NOËL 2010 : L'ARTICLE AUQUEL

VOUS AVEZ (FAILLI) ÉCHAPPÉ.

      A partir du moment où mon gagne-pain est devenu « vendre ma production », pour être en accord avec ma conscience je n’ai plus écrit d’articles sur le modélisme. Celui-là, c’est un peu différent : il traite d’un sujet particulier qui n’a rien à voir avec mon activité artisanale.
     De refus en oublis, j’ai compris qu’à l’heure actuelle « raconter ma vie » de montreur de trains dans les vitrines n’intéresse pas les rédac’chefs. Peur de paraître naïf ? Pas de « retour sur investissement » à court terme ? Bref, il ne sera pas publié dans une revue de modélisme ferroviaire. Soit, je le « remets dans ma soutane ». Je n’ai pas vocation de « prêcher dans le désert », mais permettez-moi d’insister un peu : plutôt que le jeter aux oubliettes je vous fais profiter de mon récit gratuitement sur ce support. C’est mon cadeau de Noël 2010 !
      A vous maintenant de juger si le sujet est ringard (vous pouvez réagir en envoyant un message : adresse E-mail dans la rubrique « Contact », ou tout autre moyen de correspondance). Et puis, si à votre tour vous faites quelque-chose pour apporter un petit brin de cette magie aux enfants comme l’ont fait pour nous nos aînés, et bien je n’aurai peut-être pas perdu mon temps ...
    Cette expérience s’est déroulée en décembre 2008. 

 

 

TRAIN EN VITRINE :

UNE FENÊTRE VERS LE GRAND PUBLIC

     Ne l’oublions pas, notre passion souvent prend naissance à la vue d’un simple train tournant dans la vitrine d’un magasin. Récit d’une récente action par un militant pour cette éternelle magie.

     Il est clair que sans un grand salon annuel de la maquette à Paris, notre activité perd une grande représentation auprès des familles, et des enfants en particulier (rappel : en 2009, arrêt du salon « mondial de la maquette »). « RaiExpo » au grand Dôme de Villebon fin novembre, monte en puissance chaque année. C’est le rassemblement des professionnels et amateurs éclairés du train miniature, pas une manifestation de masse. Le dimanche après-midi, moment traditionnel de découverte en famille dans ce genre de manifestation, suffit-il à déclencher l’adhésion d’un plus grand nombre de nouveaux adeptes ? 
     Il est dans l’air du temps de « faire un petit geste pour l’environnement ». Dans le même esprit, la F.F.M.F. nous invite à promouvoir notre loisir chaque année de la mi-novembre à fin décembre, initiative appelée « Fête du Train Miniature ».
     Franchement, que nous coûte le prêt et l’installation d’un ovale de rails, une loco, quelques voitures ou wagons et un transfo ? Quasiment rien. Le temps nécessaire à l’installation ? Dérisoire. Allez, on se lance.

 

INUSABLE !

 A côté de nos locomotives, voitures et wagons de fabrication récente et toujours plus fidèles à la réalité, nous avons tous dans nos placards des matériels plus anciens et d’un aspect plus « jouet ». Ce qui ne les empêche pas de pouvoir fonctionner des heures durant sans poser de problème. Exemple : Mr Tachet, du magasin « TECHNI-LOISIRS » à Clermont-Ferrand, offre au passant le spectacle d’un train en fonctionnement dans sa vitrine, toute la journée et toute l’année, depuis très longtemps. Son témoignage au sujet de l’endurance des locomotives : les engrenages en métal de celles de marques pourtant réputées subissent une usure rapide. D’autres se grippent. Ce sont bien les locos Jouef « ancienne génération » avec leur moto-transmission tant décriée, qui tiennent le coup le plus longtemps.

 

BÂTON DE PÈLERIN 

Je l’ai repris au mois de novembre dernier. Demande : animer avec un train la vitrine du magasin Singer, au centre-ville de Dole. Machines à coudre, mercerie, pelotes de laine. Surface offerte : un rectangle de 1, 20 m X 0, 90 m.

Mes complices : deux garnements de 7 et 6 ans : Mathis et Léo.

Nous avons vu et revu le film d’animation « LE PÔLE EXPRESS » au cinéma et sur DVD. Le thème est donc tout trouvé. Parce qu’il faut un thème ? Oui, car s’il ne s’agit pas d’exposer un réseau avec son propre décor, il faut quand même que « ça ressemble à quelque chose ». La voie posée là doit avoir quelque rapport avec les autres éléments qui constituent la vitrine, c’est du moins mon avis. L’histoire racontée dans le film est un voyage dans un train magique, vers le pays du Père Noël : le pôle Nord. Voilà donc des indications simples et précises à donner à l’étalagiste, pour qu’il organise la présentation des machines à coudre et pelotes de laine, au milieu de la voie. La veille de son passage, on installe le circuit.

Un « ovale » adapté aux dimensions disponibles, composé de secteurs droits et courbes de voies Roco-Line sur ballast caoutchouteux, qui garantira une bonne atténuation du bruit de roulement. En effet, si les passants n’entendent rien sur le trottoir, il ne faut pas que le bruit du fonctionnement tape sur les nerfs du commerçant dans son magasin. Un simple transfo est réglé pour faire avancer le train à une vitesse lente (et non pas celle d’une souris affolée !) La prise d’alimentation secteur de ce transfo passe par un boîtier programmateur. Les index sont enfoncés pour faire tourner le train dans les plages horaires choisies : un quart d’heure sur deux de fonctionnement, entre 10 h et midi et entre 14 et 19 h.
     N’ayant pas de matériel américain, et plutôt que de chercher à reproduire au plus près la locomotive et les voitures du « Pôle Express », je choisis d’utiliser une 150 X Jouef extraite de mon fourbi.

Des voitures Roco aux nombreuses portières latérales donneront au convoi une allure très « Franch’county ». Pris au jeu, je décide de quelques aménagements. Je retrouve une vieille caisse de tender U.S. Parfait. Le châssis du tender 34 X est scié par le milieu, pour aussitôt emboîter et coller ses deux parties sous les extrémités de la nouvelle caisse. Sa plus grande longueur permet de coller sur chaque face une bande de papier avec l’inscription « LE DOLE EXPRESS », composée à l’ordinateur. A partir du remplacement de la lettre P par un D, tout le monde comprendra la proposition : une sorte de transposition de l’histoire à l’attention des enfants dolois, dans l’attente de ce Noël 2008. A défaut de chasse-bœufs est installée une grosse étrave à l’avant de la loco. Pour parfaire l’allure : une cheminée plus haute et une cloche.

Pour évoquer la scène la plus mouvementée du film, des figurines sont collées sur le tablier avant : le jeune garçon avec le mécanicien et le chauffeur, tandis que la jeune fille se trouve seule aux commandes dans la cabine.

Une LED émerge du gueulard, pour illuminer de rouge l’intérieur. Pour améliorer l’empattement électrique et réduire l’encrassement, deux fils palpeurs en bronze sont ajoutés sur les roues du dernier essieu accouplé. Tout ceci demande peu de temps et ne nécessite pas le démontage de la loco.

 

VOYAGE COMPLET

     Il faut imprimer un billet ! Dès le début dans le film, le titre de transport est un objet d’importance. D’abord à cause du contrôleur fantaisiste (joué par Tom Hanks) qui au début  poinçonne étrangement les lettres C et E.  Ce billet est un « fil conducteur » dans le film. Il s’envole par une fenêtre, nous suivons son périple dans la nature, il est retrouvé à temps, etc…

Celui re-crée et affiché sur la vitrine est fait presque à l’identique. Les inscriptions «THE POLAR EXPRESS » et « ROUND TRIP » deviennent « LE DOLE EXPRESS » et « VOYAGE COMPLET ».

Un panneau donne aux passants les plages horaires de fonctionnement.

Pour donner une cohérence à l’ensemble, il est fait dans le même style et avec les mêmes caractères, de même que les petits panneaux qui indiquent les prix des objets présentés dans la vitrine. Enfin, une reproduction de l’affiche du film est collée dans un coin. Autre texte explicatif ? Non. Ceux qui ont vu le film découvrent progressivement les détails et similitudes, qui attisent leur sens de l’observation. Les observateurs, mais qui n’ont pas vu le film, sont intrigués par ces détails. Ils commentent, se parlent. D’autres voient simplement un train en mouvement dans une vitrine, ce qui est plutôt joyeux pour cette période festive. Objectifs atteints.
     Après trois jours de fonctionnement, premier « plantage de choux ». J’avais pourtant pris soin de bien nettoyer les roues capteuses de courant, et le champignon des rails à l’installation. Examen des roues : sales (poussière écrasée et accumulée), et micro-amorçages sur le pourtour. Pas étonnant que le courant ne passe plus à cette allure réduite. Voilà bien le principal problème des anciennes Jouef : le nombre insuffisant de roues capteuses. En ajouter deux n’est donc pas assez efficace. Pour ne pas avoir à nettoyer trop souvent, il faut installer un « Roulnet » ou en ajouter au moins quatre. Bon, trop tard pour ça, un bon nettoyage des roues et des rails et c’est reparti.
     Au dixième jour s’impose un nouveau nettoyage, suivi du remorquage d’un lourd wagon citerne, équipé d’un patin de feutre et d’un goutte à goutte avec de l’essence « C ». C’est très bon pour dégraisser, et ne dégrade pas les anneaux d’adhérence en caoutchouc.  Mais alors survient un nouvel ennui : le train s’arrête à chaque tour, au même endroit. Les rails étant posés sur un tapis de mousse blanche pour imiter la neige, à chaque passage du convoi ils s’enfoncent sous le poids de la loco, puis remontent dans leur position initiale. Ce mouvement répété à chaque tour fait peu à peu se relâcher l’étreinte des éclisses, ce qui coupe la continuité électrique. Un désagrément qui ne se produit pas sur un réseau, où les rails sont fixés sur la structure, et les éclisses soudées ou pontées.

Une leçon de plus à retenir : même pour une installation provisoire faite de coupons de rails, les poser sur un support dur et fixe.

 

CONCLUSIONS TECHNIQUES

Principe à ne pas oublier : dans ce domaine, plus c’est simple, plus c’est efficace. Même avec une installation minimale on subit des petits tracas, comme on l’a vu plus haut. Ils concernent essentiellement la mauvaise continuité électrique rails/roues, due à l’encrassement. Il faut donc prévoir une intervention tous les trois ou quatre jours pour nettoyage. Pour les rails, souvent inaccessibles sur la majorité du périmètre, le wagon nettoyeur est indispensable. Pour la table de roulement des roues, noircie par les micro-amorçages, s’impose la petite brosse métallique tournante montée sur une mini-perceuse. Ne pas oublier la petite goutte d’huile sur les paliers des axes de transmission et les pointes d’essieux, sous peine de grincements voire de grippages (axe du moteur en particulier).

 

Enfin, s’il n’y a pas de cloison séparant la vitrine de la porte, il faut en créer une. Par exemple avec un panneau de plexiglas d’une hauteur d’un mètre. Pourquoi ? Sans cela, tirer la porte et dérober la loco ne demande que quelques secondes, vu ?

 

CONCLUSIONS DU PERE NOËL

     On m’a rapporté que dans ce pays certains adultes craignent de montrer leur train. Auraient-ils renoncé à regarder le monde avec leurs yeux d’enfants ?

 Mathis et Léo croient en moi, pour la dernière année peut-être…

Moi, je crois que si le train miniature n’est plus en mouvement derrière les vitrines, offrant gratuitement aux passants sa petite étincelle de rêve, il ne tardera pas à disparaître totalement de l’esprit du grand public, car « Loin des yeux, loin du cœur ». Le concept n’est pas dépassé, il est éternel et  mérite au contraire d’être relancé. Il y a un rapport différent, qui incite au rêve et à l’imagination, devant un réseau en vitrine, fut-il d’une naïveté toute désuète ou d’une grande simplicité. 
  Et vous, c’est quoi votre contribution pour transmettre votre passion aux enfants, comme vos aînés l’ont fait ?

 

MEMOIRES D’UN ENFANT DU RAIL …MINIATURE

     Années 1963, 64, 65. L’inscription au-dessus du magasin, rue des Arènes : « Jeunier et Champy ». Avec son associé, Emile « Milou » Jeunier vendait du matériel de camping, des Vespas ( !) …et des trains miniatures. Tous les ans au mois de novembre, il installait un réseau dans la vitrine. C’était sur mon trajet pour me rendre à l’école Pointelin. Je partais en avance pour rester un moment à rêver une fois de plus devant ce petit monde fantastique. Scintillement de la multitude de petites lampes. Les locomotives avaient toutes trois phares. Ils s’allumaient avant de démarrer, s’éteignaient après l’arrêt. J’aimais bien ça. Tout du Fleischmann. Même une 12000 bleue, comme la vraie, vue en gare les années précédentes. Tout fonctionnait automatiquement. C’était un malin, « Le Milou ». En pionnier, il utilisait déjà les transistors. Il avait compris les innombrables avantages qu’ils pouvaient apporter au fonctionnement d’un réseau miniature. Et – pouvez me croire – pour fonctionner, ça fonctionnait ! Toutes les journées du mois de décembre. Je ne me souviens pas, de mes longues stations devant cette vitrine, avoir vu une seule fois Milou intervenir manuellement, parole ! Un train s’arrêtait en gare, déclenchant le départ d’un autre. Parfois, un convoi empruntait une ligne de montagne, dévié par un mystérieux mouvement d’aiguillage. Il disparaissait sous un tunnel, réapparaissait dans un lieu inattendu… Impossible de comprendre tout le scénario à première vue. Les différentes séquences ne se succédaient pas dans le même ordre que précédemment. C’était justement ça qui était le plus fascinant. On était sans cesse surpris. En revenant de l’école, j’accourais. Il y avait du monde. Les gens s’exclamaient, lançaient des pronostics : « Il va revenir par ici, celui-là va sûrement repartir… » Puis non, il se passait autre chose. Admiratifs et joyeux, les badauds commentaient. Même sans se connaître ils se parlaient. C’était ça l’ambiance avant les fêtes de fin d’année. Puis ils relevaient leur col et partaient. Je restais, regardais encore passer les Fleischmann, comme Jonasz chante qu’il regardait passer les bateaux. Je n’en avais jamais assez, comme me disait Maman, me reprochant ces trop longs moments exposé au froid. J’en ai attrapé des bronchites là-devant ! La froidure, je l’oubliais. Je voulais percer le mystère, comprendre à tout prix. Parfois j’osais entrer, posais les sempiternelles questions à Mr Jeunier. Mais je-savais-qu’il-savait : je n’allais – Hélas ! – rien acheter. Je lisais dans son regard désolé. Cependant il ne montrait pas d’impatience et ne m’envoyait pas promener, comme l’ont fait certains par la suite à Paris. Alors, je me retenais d’entrer trop souvent, pour ne pas le lasser. Plus tard, il m’a confié que son commerce de trains miniatures « tournait » surtout grâce à un client : Mr Jeanrenaud, directeur des usines Jeanrenaud, composants pour l’électro-ménager. Un mordu du petit train. Il achetait tout ce qui sortait : Fleischmann, Rivarossi, Hornby, tout ! S’il se trouvait là, pas besoin de me faire un dessin, je m’éclipsais dare-dare. Qu’est-ce que « Milou » pouvait attendre d’un gosse sans le sou ? Tintin ! Au plus, me donner le virus. Et bien c’est fait, vous le savez. Un jour, j’ai dit à Maman combien coûtait une loco. Ses yeux ! Ses mots ? Pas la peine. Rangez vos mouchoirs.
     Je rentrais chez nous faire mes devoirs, au chaud devant la cuisinière à charbon. Maman travaillait  …chez Jeanrenaud. « Aux presses », elle disait. Elle rentrait tard, les journées étaient longues à l’usine. Sur le « transistor » (le nôtre, le poste), j’écoutais Brel, Brassens, les Beatles. « Michelle »… C’est bien loin tout ça.
     « La Caravelle » était l’autre magasin de jouets, tenu par Madame Louvrier. « Branchée trains », elle allait même au salon de Nuremberg. Les dimanches de décembre, elle faisait appel à Monsieur Dubois, qui déployait et mettait en fonctionnement pour toute la journée son fameux réseau-valise, au deuxième étage. Quelle joie de suivre ses explications et commentaires, qu’il distribuait en montrant les détails à l’aide d’une longue baguette, comme un instituteur ! Pierre Dubois a ainsi « transporté la bonne parole » accompagné de son réseau-valise de 1958 à 1995 dans les magasins, les écoles, les expositions... Retraité de la SNCF, il a travaillé dans les années 80 à la construction et la remise en état des réseaux de démonstration chez Jouef à Champagnole, tandis qu’il s’occupait bénévolement des jeunes du club de modélisme ferroviaire de la MJC de Dole, le mercredi après-midi durant six années.
     « Milou » Jeunier a tiré le rideau depuis belle lurette. « La Caravelle » à son tour il y a peu. Les jouets maintenant, c’est là-bas à la zone commerciale. Vous savez, la même que partout. Ah ! Mais on peut garer la bagnole. Les trains ? Zéro. Heureusement, un détaillant en modélisme tient le coup en ville. Il vend du train. On l’encourage.

 

LOC-SOUND CINOCHE

     Robert Zemeckis, le réalisateur du film « LE PÔLE EXPRESS », est de loin celui dont la sensibilité se rapproche le plus de nous autres modélistes ferroviaires. Il faut bien écouter comment l’arrivée du train fantastique est précédée de toutes sortes de vibrations et d’un grondement grandissant. La façon dont sont méticuleusement reproduits et dosés tous les bruits caractéristiques des freins, de la vapeur, de la mécanique. Les exagérant lorsqu’il le faut, tout comme notre perception les amplifiait, lorsque enfants nous assistions à l’arrivée ou au départ d’un train vapeur réel. Entendez comme il joue – et nous amuse, complices ! – avec toutes les possibilités techniques dont il dispose. Nuances, contrastes, la bande son est une véritable partition qui aurait ravi Tex Avery et Arthur Honneger !
     Il faut dire que Robert Zemeckis est passé par la bonne école : Monsieur Spielberg, himself ! Appliquant les leçons du Maître, il nous avait déjà entraîné avec Marty et son oncle Emmet Brown dans les trois épisodes successifs de « RETOUR VERS LE FUTUR ». Dans ces aventures, tous les ingrédients dont nous sommes friands sont déjà là. Surtout focalisés sur une voiture (la fameuse DE LOREAN qui permet de voyager dans le temps), mais aussi une locomotive, utilisée dans le troisième épisode pour la propulser. La dernière séquence montre la DE LOREAN broyée dans un vacarme d’enfer par une énorme loco Diesel U.S. Symbole précurseur de « la fin de la bagnole » ?
     Beaucoup d’entre nous recherchent aujourd’hui à re-créer tous ces bruits sur leurs modèles, grâce aux possibilités qu’offre le numérique. Mais de par la taille limitée des hauts-parleurs, ce ne sera jamais le SURROUND dont Robert Zemeckis joue avec délectation. C’est en cela que le cinéma – qui a toujours beaucoup puisé dans l’univers du chemin de fer – apporte une dimension fantastique à notre monde de ferroviphiles, guidés par des rails parfois trop rigides. Encore un symbole ? Dans « LE PÔLE EXPRESS », le train devenu incontrôlable se permet carrément de sortir de ses rails pour glisser en tous sens sur un lac gelé …puis les retrouver juste à temps lorsque cède la glace.  
     Voir ces scènes d’animation inoubliables, c’est retrouver le pourquoi de notre passion. A la fin, lorsque le jeune garçon quitte le train, le contrôleur termine le poinçonnage de son billet, complétant le mot : « CROIRE ». C’est bien ça, voir c’est croire.

Eric Seibel – janvier 2009

 

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