UNE 150 A D'ORIGINE P.O

 

 

     Parmi les locomotives vapeur des autres régions, la « 6000 » du P.O. me plaît bien. Comme la 240 A du PLM, cette machine a disparu depuis le début des années 50. Comme elle, sa ligne était dans la pure tradition de sa compagnie d’origine. Image indissociable des lignes de montagne du massif central. Photos inoubliables de Lucien Maurice Vilain. Rien d’autre à vous raconter. Même lorsque j’ai séjourné en Auvergne, je n’ai pas eu l’opportunité de rencontrer d’anciens mécaniciens ou chauffeurs pour recueillir leurs témoignages. Mais y en avait-il encore de ce monde ? C’était il y a si longtemps…

     Je vous indique les revues et livres (en ma possession) sur lesquels j’ai trouvé des articles et des photos, d’après lesquels je me suis inspiré :

« 60 ans de traction vapeur sur les réseaux français (1907-1967) » (de L.M. Vilain), pages 164-165.

« Trains du Centre France », pages 28 et 85.

Le Train N° 165 pages 8 à 15.

Les dépôts vapeur du Sud-Ouest, pages 74-75 et 77.

Correspondances ferroviaires N° 35 pages 4, 5 et 8 (pour le tender 3 essieux).      

     Je me suis rendu compte que les principaux éléments de la superstructure de mon ancien kit de locomotive 141 C « Mikado Etat » (voir la rubrique « Historique locomotives M.T. ») étaient très voisins de ceux d’une 150 A d’origine P.O.
      Normal, puisque le style et les méthodes de construction des machines Etat étaient la plupart du temps semblables à ceux du P.O.  
      Dans mes tiroirs, je retrouvais un corps cylindrique, un abri et des blocs-cylindres en résine, restes de kits de 141 C. Présentant ces éléments sur un diagramme de 150 P.O., j’ai décidé de « me lancer », compte-tenu aussi que je disposais encore de roues de 141 TA Jouef (diamètre convenable) et d’un tender-moteur Roco à trois essieux dont un décalé vers l’avant.
      Voici maintenant le récit de ces travaux en photos…

     Je rappelle ici mon habituelle déclaration pour les «jamais contents» (cliquez sur ces mots surlignés).

                                                                    Eric Seibel

 

Le corps cylindrique est quasiment pareil, mis à part la forme de la cheminée et les deux dômes de sablières. La cheminée type P.O. est obtenue à partir d’une cheminée M.T. (Réf. chem 08) tournée après soudure d’une rondelle. Les deux dômes de sablières proviennent également de la 141 C.

Pour faire le tablier, je suis parti de l’élément central de celui de ma 141 C. Le berceau de boîte à fumée est confectionné dans un morceau de résine (on peut aussi le faire dans un morceau de Plexiglas, ou toute autre matière tendre et donc facile à travailler.

Voici, avec l’abri de 141 C, les premiers éléments de superstructure positionnés tels que sur le diagramme de la 150 P.O.

La traverse avant est confectionnée dans une chute de photogravure. Les marchepieds sont des Réf. M.T. march 11, recoupés et soudés. Les fanaux sont des Réf. fan 06, soudés autour de trous percés auparavant sur le tablier, pour pouvoir équiper ultérieurement ces fanaux de LED.

Le châssis est taillé dans un barreau de laiton de section 12 X 12 mm. La première opération est l’usinage de l’encoche pour les blocs-cylindres, dont l’axe doit être aligné avec celui de la cheminée. Les passages d’essieux sont faits à la fraiseuse avec une fraise de 2 mm. Compte-tenu qu’il est très pratique de réutiliser telles-quelles les bielles d’accouplement allant avec les roues de 141 TA, je calcule les déplacements successifs de la table de la fraiseuse à partir du point zéro (outil contre la paroi de l’encoche des blocs-cylindres), pour chacun des cinq passages d’essieux (cotes en rouges sur la photo). 

Le trou pour l’assemblage du corps cylindrique, du tablier et du châssis à l’avant doit toujours se trouver dans l’axe des blocs-cylindres. L’emplacement de celui à l’arrière est à déterminer en fonction de la forme du foyer, et doit être percé dans les trois parties ensemble, réunies par une vis et un écrou passés dans le trou de l’avant.

Traçage du châssis à l’arrière, pour son usinage (forme remontante et encoche pour le timon du tender)

Attention, un barreau de laiton se déforme à l’usinage. Pour éviter qu’il se mette « en banane », le chauffer auparavant dans un four à 200°, puis laisser refroidir lentement. Vous ne connaissiez pas la combine ? Moi non plus, avant…  Merci l’ami Jean Florin !

A l’arrière du châssis, fraisage au diamètre 6 mm d’une partie du trou d’assemblage, pour le logement de l’écrou de 2 mm. Fraisage au diamètre 8 mm de l’encoche pour le timon du tender. Perçage et taraudage du trou pour la vis du timon.

A l’avant, entre la paroi de l’encoche pour les blocs-cylindres et le premier passage d’essieu, perçage d’un trou (diamètre 3 mm) pour un pivot d’articulation du bissel (Réf. div 32). Ce pivot est une section de tube laiton de 3 mm, enfoncé puis soudé (ou collé) dans ce trou.

Le dessous de châssis est un barreau de laiton de section 12 X 2.5 mm.

ll faut dès maintenant l’appareiller avec le châssis : perçage ensemble, puis taraudage des trous (M 2.5)

Maintenant, fraiser l’intérieur à l’avant du dessous de châssis, pour ménager le débattement du timon du bissel.

Le châssis et son dessous étant toujours assemblés, diminuer leur largeur dans la partie centrale à 13 mm (au droit des trois passages d’essieux centraux), par fraisage. Ceci permettra le jeu latéral des trois essieux centraux dans les courbes, mais pas aux deux essieux extrêmes, qui maintiendront la loco dans l’axe de la voie.

Préparation (diminution de la hauteur des boudins à 0. 8 mm) des roues accouplées (de 141 TA Jouef) et des roues du bissel (ici des roues Fleischmann diamètre 9. 60 mm)

Sur les deux essieux accouplés extrêmes, pose de rondelles afin de réduire le jeu latéral au minimum.

Sous le châssis, usinage en arrondi d’une encoche pour laisser le libre passage des roues du bissel en courbes.

Ajustement du positionnement des blocs-cylindres. L’axe des trous pour les tiges de pistons doit se trouver aligné en hauteur avec celui des encoches de passages d’essieux (= axe des roues accouplées)

Pose des bielles d’accouplement, provenant des trains de roues de 141 TA Jouef. Comme sur cette dernière, les bielles entre le premier et le deuxième essieux accouplés sont plus longues. Il est nécessaire de réduire le diamètre de leur trou de 3 à 2 mm (soudure d’une section de tube laiton de Diam. extérieur 3 mm / intérieur 2)

A ce stade, faire un essai de roulement de la loco pour une éventuelle mise au point. Poser un timon pour l’accrocher à une machine. Tracter et pousser cet attelage à tous les endroits du réseau pour être sûr de son inscription dans les courbes. Toutefois, il ne sera guère possible de passer sur des courbes d’un rayon inférieur à 535 mm (rayon minimum sur ma piste)

Pose de palpeurs de courant sur les 4 roues accouplées extrêmes de la loco : des sections de tube laiton (diamètre extérieur 2 mm – intérieur 1.10) sont soudées directement sous le tablier, à l’avant et à l’arrière.

Des sections de fil de bronze au phosphore sont collées dans de l’isolant de fil téléphone, lui-même collé dans le tube laiton ; ici à l’arrière ...
…et là, à l’avant.

Pose, par collage à la cyano, d’une ligne électrique qui reliera les palpeurs de courant (sur cette photo : fils marron et orange). Afin de ne pas avoir à démonter le modèle s’il doit être converti ultérieurement à la commande digitale, j’ajoute une autre ligne électrique pour alimenter séparément l’éclairage des fanaux à l’avant (fils blanc et bleu)

Voici un ensemble bloc-cylindres-embiellages de distribution de 141 TA Jouef. Les bielles motrices en bronze MECANIC TRAINS (Réf. mik 08 E) ont déjà remplacé celles d’origine. Je n’ai pas réutilisé ce bloc-cylindres, mais celui de ma 141 C « Mikado Etat » qui me restait en stock.

Mon bloc-cylindres en résine, en 2 parties. Pour bien guider les tiges de pistons et de tiroirs, des sections de tube laiton (Diam. extérieur 2.00 mm – intérieur 1. 30) sont insérées et collées. Des trous sont également percés au-dessus et au-dessous des tubes des cylindres, comme sur la 141 TA Jouef, en vue de réutiliser les glissières de crosse Jouef.

La longueur des glissières Jouef étant un peu juste pour la 150 P.O, je rallonge leurs tenons par ajout d’une section de fil maillechort Diam. 0.5 mm. Cela me permettra aussi de régler précisément leur positionnement dans le bloc-cylindres.

A présent, il faut percer sous le châssis deux trous oblongs borgnes, pour y emboîter le tenon des glissières, dans le même principe que cela est fait à l’origine sur le modèle 141 TA Jouef. Pour tracer leur emplacement exact, il faut placer le bloc-cylindres et les glissières en bonne position. 

Pour que les tiges de tiroir se trouvent bien dans l’axe, il est nécessaire de les couder vers l’intérieur, de même que les pendules.

Couper cette branche inutile sur les biellettes de relevage de marche.

Montage d’un ensemble bielle motrice-embiellage de distribution (ici le côté droit). Le dessus du pendule et la bielle de commande de tiroir se trouvent en bonne position : ils ne touchent pas la bordure du tablier, et la biellette de relevage de marche passe librement dans la lumière du tablier.

Pour faire les chapes d’articulation des coulisses, j’ai utilisé des sections de tube laiton carré de 3 mm de côté. Je les ai soudées sur un cadre destiné à entourer les supports de glissières. Les coulisses utilisées sont des MECANIC TRAINS Réf. eta 15, à l’origine destinées à la « Mikado Etat ». Les axes sont des rivets en laiton de 1 mm (Réf. VR 113 de chez L’Octant)

Le cadre est passé autour des bielles motrices et d’accouplement, et plaqué contre les supports de glissières, derrière elles.

L’entraxe des trous des bielles de commande de coulisse doit être mesuré en faisant des tours de roues complets. Pour ce modèle, je trouve 22 mm. C’est exactement celui des bielles de coulisses des 141 R Jouef !

C’est donc le moment de constituer les ensembles manivelle/bielle de commande/coulisse, les articulations étant réalisées avec des rivets MECANIC TRAINS Réf. riv 01.

La manivelle est enfoncée dans le tourillon de la roue motrice, puis la coulisse est accrochée sur la chape au moyen d’un rivet en laiton.

On aperçoit la tige des rivets, trop longue. Il faut la couper, pour ne pas que les bielles d’accouplement viennent se bloquer contre.

Voilà les tiges de rivets coupées. Une petite goutte de cyano autour de leur tête empêchera les rivets se s’échapper. Le cadre supportant les coulisses n’est pas encore collé, pour permettre le démontage.

Le fonctionnement des embiellages étant vérifié, on peut maintenant équiper les fanaux de LED « blanc ton chaud » noyées avec de la résine époxy translucide, puis reliées à leur ligne électrique par l’intermédiaire de résistances de 10 K-ohms et d’une diode anti-retour.

A l’arrière, les lignes électriques sont reliées à un connecteur pour la continuité avec le tender.

    Percer et tarauder le trou de fixation du cadre-support des coulisses.

Préparation et pose (par collage) de l’ensemble axe et leviers de relevage de marche (Réf. div 65) sur le tablier. Son positionnement est déterminé par les biellettes de relevage, une fois celles-ci accrochées aux leviers.

Sur les 150 du P.O., les ressorts des boîtes d’essieux des 3ème et 4ème  essieux se trouvaient bien visibles au-dessus du tablier (ceux des autres essieux étaient en-dessous du châssis). Pour les représenter, récup’ de 4 ressorts à lames d’un dessous de châssis de loco Jouef. Perçage des extrémités, puis collage de fil maillechort Diam. 0. 5 mm. Le balancier est une pièce en métal blanc provenant de boîtes d’essieux de tenders PLM.

Pour obtenir la bonne hauteur (entre le tablier et la chaudière), j’ai soudé une section de tube laiton carré de 3 mm sous un support de chaudière de « Mikado Etat » (Réf. eta 17). L’axe est un fil maillechort Diam. 0. 7 mm.

Les ressorts à lames seront ainsi « suspendus » au balancier articulé sur l’axe.

Huit trous sont percés à travers le tablier pour y faire passer les tiges verticales des ressorts à lames.

La 150 du P.O. était une machine compound, dont les leviers de marche H.P. et B.P. étaient actionnés par une même barre depuis l’abri. Il faut donc représenter aussi les leviers du mécanisme intérieur, bien visibles.

Pose de la prise du Flaman (Réf. TA 08), du côté droit, dans l’axe de la roue du 4ème essieu accouplé.

Pose du robinet de frein (Réf. C 07) côté mécanicien.

Sur la traverse avant, pose – après peinture noir mat – des tampons (Réf. T 19), attelage (Réf. att 01) et ½ accouplements de freins (Réf. att 08). Enfin, pose des décalcomanies, selon l’usage de cette région : grande taille pour le cadre de région et le macaron SNCF, et numéro dans la série précédé d’un zéro.

Modifications sur mon abri, récupéré d’un ancien kit de 141 C « Mikado Etat » : mise à la même taille de la 1ère fenêtre latérale du côté gauche,  mise à la forme ovale des hublots frontaux (avec pose de cadres de fenêtres Réf. encf 04 a), et enfin ajout d’une avancée de la partie basse côté gauche, caractéristique de la 150 P.O.

Pose des mains courantes sur l’abri (supports courts Réf. div 96 et fil maillechort dressé Diam. 0. 4 mm)

A l’intérieur de l’abri côté chauffeur, pose d’un indicateur Flaman contre la paroi latérale, tourné vers le mécanicien. Sur la toiture, pose du petit dôme caractéristique de l’éclairage d’abri à l’acétylène.

Confection du cache-soupapes (par tournage d’un tronçon de tube laiton). Une fois collé en place, il est chapeauté de la pièce récupérée d’une 141 TA Jouef.

Habillage de la devanture : levier de régulateur (Réf. C 19), volant Réf. vol 05, petits volants Réf. vol 10. Le grand volant de marche est une pièce Carmina.

Eléments posés sur la porte de boîte à fumée (Réf. pbf 12) : volant central Réf. vol 05, queue de serrage du volant (sur plaque Réf. TA 08), support de fanal Réf. div 44, et marche d’accès au fanal central (tirée d’une plaque Réf. jeep 20)

Sur le côté droit du corps cylindrique, pose des petites tuyauteries de la vanne de dôme et de la pompe à air, des 2 mains courantes superposées (non collées aux supports, pour pouvoir les coulisser contre l’abri après pose de celui-ci), du compresseur d’air (Réf. pomp 01), du réservoir/mélangeur Worthington (Réf. bal 04), et de la vanne de souffleur (Réf. vol 07)

Sur le côté gauche, pose de la main courante, de la commande d’échappement (Réf. eta 18), et de la petite tuyauterie de la vanne de dôme (allant à la vanne de souffleur, de l’autre côté)

Après assemblage du corps cylindrique sur le châssis, pose des tuyauteries de sablières. Ce fil gainé de plastique vert convient parfaitement à cet usage, je vous donne donc volontiers la combine. Sur la 150 A 40 (voir photo), il n’y avait que les tuyauteries arrières… Pose également de la pompe Worthington (Réf. pomp 14)

L’abri est mis en place, provisoirement. Côté gauche, pose de la barre de marche, passée dans un guide/support (Réf. eta 11)

De part et d’autre du berceau de boîte à fumée, pose de capots confectionnés dans la même matière.

 
CONSTRUCTION DU TENDER DE LA 150 P.O
 
LE MODÈLE DE LA 150 A 040 TERMINÉ