JE N’AI PAS PU M’EN EMPÊCHER :

J’AI « BRICOLÉ » MA 141 R 840 JOUEF

  
    Pensez comme je l’ai examiné, ce nouveau modèle de « R » Jouef. A première vue, cela m’a paru un « sans faute », d’autant plus que j’ai trouvé son fonctionnement irréprochable. Je ne comptais vraiment pas dessus pour vendre beaucoup de mes accessoires, mis au point et proposés pour passer du bon temps et améliorer les anciens modèles Jouef et Rivarossi. Pourtant…

Le bissel R04 MECANIC TRAINS en évidence

     Deux semaines seulement après leur acquisition, certains clients ont commencé à me commander un bissel avant (Réf. R 04) pour en équiper leur R 840, m’expliquant que celui d’origine déraille sur leur réseau. Regrettant moi-même de ne pouvoir atteler la mienne avec ma R 466 Riva, je l’ai remplacé à mon tour dans ce but.  Coup de chance, il semble avoir été fait sur mesures pour ce nouveau modèle. Il est vrai que les dimensions sont les mêmes pour cette pièce, y compris le diamètre de l’essieu. Pil-poil !
     A l’occasion de l’expo de St Mandé, des amis du club RATP m’ont fait part du même problème lors du franchissement de TJD par leur modèle de R 840 sur le réseau du club. Nous avons donc procédé le soir même aux essais avec mon modèle équipé du bissel R 04 : passage sans déraillement dans les deux sens.  Ensuite, nous avons attelé une autre loco devant pour tester le passage en double-traction : passage sans déraillement dans les deux sens. Gagné !

     Deux as incontestés de la mécanique apportent l’explication. Il s’agit de Michel Besse et Jean Danielo.  Ces gaillards font plutôt « monter le niveau », c’est moi qui vous le dis. (Au passage, je conseille aux «donneurs de leçons» qui ne les connaîtraient pas d’aller se rhabiller). En bref, voyons ce qu’il se passe. Le système adopté par le fabriquant - un ressort hélicoïdal à la compression, tenu d’une extrémité par un tenon et emboîté de l’autre dans un trou borgne – n’est pas mauvais en soi. Il remplit bien son rôle quand sa longueur est suffisante. Mais celui-là, avec une si courte distance (entre le châssis de la loco et le dessus du bissel), ajouté à sa contrainte par le tenon de maintien, ne peut pas agir efficacement. En courbes, sa pression verticale n’est plus transmise uniformément sur les roues. Lorsqu’il se trouve déformé en « S », il a donc tendance à faire sortir une roue du rail tout en relâchant la pression sur l’autre, qui se soulève. La solution la plus simple (et solide !) est donc d’adopter un bissel en métal massif, qui exerce sur les roues une pression suffisante (sa masse) et constante, en courbe comme en ligne droite. Prouvé !
     Lorsque j’ai commencé mon activité artisanale il y a dix ans, les bissels en métal massif étaient déjà proposés parmi mes premiers accessoires. Normal, cette solution s’est avérée la meilleure depuis 1986, c’est à dire les débuts de notre longue expérience dans les expositions, avec le célèbre réseau modulaire du Club Ferroviaire de Franche-Comté (gare de Dole). D’autre part, s’il n’était pas efficace cela se saurait et je n’en aurais pas fournis des milliers comme c’est le cas. Certifié ! 

Autres accessoires remplacés

     Très bonne idée, d’avoir fait le tablier en métal, évitant la désagréable déformation (ex. 141 P Jouef). Même si sa trop importante épaisseur est nécessaire, il aurait alors fallu lui donner une forme en biseau vers les bords. La tampographie (ou peinture) de la bande jaune aurait donné la mesure correcte. Je n’ai rien contre le fait de reproduire la R 840 dans son aspect actuel, c’est un signe de reconnaissance pour le travail colossal réalisé par toutes les personnes impliquées dans son sauvetage et sa remise en état. Personnellement, j’aime donner à mes modèles de locos vapeur leur aspect en service commercial à la SNCF (voir la rubrique « pourquoi transformer… »). Mon premier geste a été de recouvrir de peinture noire cette trop épaisse bande jaune. C’est curieux, le « sapin de Noël » étant éteint, on a l’impression de « voir mieux » cette 141 R. Et à partir de ce moment, l’observation rapprochée m’a décidé à agir.
     D’abord les phares, trop gros. Soit les remplacer par des phares unifiés (Réf. fan 04 M.T.) non-éclairants, soit les accepter tels qu’ils sont parce que désireux de les garder fonctionnels, et satisfait de cette option rouge/blanc selon le sens de marche. Bon, je laisse ça en attente de décision.
     La bordure de cendrier, ne devant pas exister sur une machine fuel. Pas difficile à corriger. Cependant, il vaut mieux déposer les tuyauteries environnantes pour ne pas les massacrer. C’est en faisant cela que j’ai découvert des petites erreurs sur la forme de certains éléments, ou tout simplement que je préfère le rendu de mes accessoires (ex. l’injecteur Edna-Brass). La forme du corps de la nourrice est fausse, je n’ai donc pas hésité à poser la pièce M.T. (Réf. R 16).
     Le graisseur mécanique Nathan du côté droit, ça va. Mais celui du côté gauche (juste à l’arrière et au-dessus du bloc-cylindres), je le trouve moche. Avec ses nombreuses barres verticales dessous, on dirait un peigne. Ces petites barres sont censées représenter les tuyauteries qui emmènent l’huile aux différents points de graissage, mais c’est sous celui du côté droit qu’elles sont nombreuses (graissage mouvement). Sous  celui-là (côté gauche), il n’y en a que quelques-unes (graissage cylindres), 3 ou 4 tout au plus. J’ai donc remplacé ce graisseur par la pièce M.T. (Réf. R 19).
     Comme écrit plus haut, j’ai voulu ma R 840 en époque d’exploitation SNCF. J’ai donc apposé, sur la face arrière du tender côté gauche, un cadre de région « 4 », décalcomanie prise sur une planche AMF87 Réf. D003 (disponible au catalogue M.T.)
   

                                              Eric Seibel - janvier 2011

 

REPORTAGE PHOTO-GESTES
La forme du corps de la nourrice n’est pas exacte

Déboîter et enlever cette tuyauterie coudée, dont la forme n’est pas exacte non plus

Déboîter avec la lame d’un petit tournevis, et enlever la nourrice

Le trou dans lequel est emboîtée la nourrice d’origine par son tenon

Côté gauche, couper la main courante juste derrière le premier support

Avec des pinces coupe-rase, séparer la nourrice M.T. de sa partie « alimentation de fonderie »

Recouper une à une les tiges à la même longueur
Ajuster cette longueur en présentant la pièce sur son emplacement

La longueur des tiges est bonne lorsque leur extrémité touchant l’abri, l’embase de la nourrice vient dégager le trou de la tuyauterie, situé juste devant

Percer (foret Diam. 0.5 tenu à la main) la paroi de l’abri en face de la main courante

Dans un fil de cuivre (pris dans du multi-brins), former une petite boucle comme celle-ci

Coller cette boucle dans le trou percé sur la paroi et à l’extrémité de la   main courante du côté gauche

Ne pas mettre de boucle sur le côté droit.

Refaire la tuyauterie qui chevauche la nourrice. Utiliser de la corde de guitare (Diam. 1 mm) pour figurer de la conduite calorifugée. Donner une forme de « U », et coller d’une part dans le trou existant et d’autre part dans celui situé au-dessus de la première vanne de la nourrice M.T.

Pour déposer les 2 demi-plaques représentant le cendrier, insérer la lame d’un petit tournevis entre elles, par-dessous après avoir enlevé le bissel

Ecarter les demi-plaques emboîtées l’une dans l’autre
Sortir tout à tour les deux pièces de leur logement
Les demi-plaques dans leur état d’origine

Avec des pinces coupe-rase ou bien une scie montée sur une mini-perçeuse, supprimer la bande qui débordait en bas du foyer

Couler de la résine époxy dans le creux pour renforcer les pièces

Le lendemain, lorsque la résine est devenue bien dure, limer et poncer les bords pour leur donner une forme arrondie dessous, et terminer l’arête en biseau

Les 2 pièces emboîtées posées à plat pour vérifier l’appui régulier de leurs arêtes

Les 2 pièces remises à leur emplacement
Les arêtes viennent « mourir » sous le foyer sans dépasser

Poser l’injecteur M.T. (Réf. R 12) plus vers l’extérieur que celui d’origine (repercer un trou sous l’abri). Le placer suffisamment vers l’arrière pour ne pas qu’il gêne le bissel. Refaire la tuyauterie calorifugée entre l’injecteur et la nourrice avec la même corde de guitare. Refaire la partie de celle allant de l’injecteur à la chapelle avec l’âme en cuivre d’un fil téléphone. Former son extrémité vers l’injecteur en évitant ainsi la trajectoire du bissel, et coller d’abord dans l’injecteur

Coller l’autre extrémité de la conduite calorifugée dans le trou prévu sur le côté de la dernière vanne de la nourrice M.T.

Le bissel avant M.T. (Réf. R 04) remplace parfaitement celui d’origine
Le boîtier NEM (livré avec) permet la double-traction

Pour équiper la traverse avant de ma R 840 sans empêcher l’attelage avec une autre machine ou remorquer « tender en avant », j’ai choisi de souder, sous le boîtier NEM, un fil maillechort qui contourne par-dessous l’attelage factice et le demi-accouplement de frein

A la pince coupe-rase, j’ai sectionné le graisseur mécanique d’origine, côté gauche. L’embase est conservée

Préparation du graisseur mécanique M.T. (Réf. R 19) : re-percer les trous, puis coller dedans des sections de fil de cuivre provenant de fil multi-brins

Percer quelques trous (Diam. 0.5) dans la partie restante de l’embase d’origine

Couder les fils et les enfiler dans les trous percés précédemment.

Coller les fils dans les trous. C’est ainsi que le graisseur est fixé. Une fois la colle cyano prise, il n’y a plus qu’à bien le positionner, puis le peindre en noir mat

 

Comparons la 141 R 840 modifiée par Eric Seibel avec le modèle d'origine.

Avec la nourrice M.T. Réf. R16

Côté droit, avec l’injecteur M.T. Réf. R12. Voir aussi la petite boucle entre la main courante et l’abri (représentant un câble qui passe dans la main courante), et le bord du foyer rectifié

Le  système du fil contournant attelage factice et ½ accouplement de frein par-dessous permet d’atteler avec les traverses de choc complètement équipées

Le fil et la petite boucle soudée dessous, une fois peints en noir mat, sont beaucoup plus discrets qu’un boîtier NEM, avec ou sans une tête d’attelage dedans

Les supports de lanternes Réf. div 69 ont été posés sur la traverse avant

Avec le graisseur Nathan M.T. côté gauche. On peut encore percer un trou Diam. 0.5 en haut du pendule, et le relier à celui prévu sous le graisseur par un fil coudé et aplati, pour figurer la biellette de commande

J’ai ajouté un cadre de région (« 4 ») à gauche à l’arrière du tender
Le tender équipé du coffret et de l'extincteur Réf R 11 devant le marchepied arrière

Comparaison du jour sous la chaudière - dans le même cadrage - entre la R Rivarossi et la R 840 Jouef.

 

Alors, le niveau est-y abaissé ou relevé ?

Réponse : c’est Kif-Kif, mon pote !

 

AUTRES ACCESSOIRES MÉCANIC TRAINS SUR LA 141 R 840

Je vous rapporte mon essai dernièrement réalisé sur ma R 840 : remplacement des écrans pare-fumée et de la cheminée par des accessoires MECANIC TRAINS existants (Réf. des écrans M.T. : ec 05 et de la cheminée : chem 07)
      L’avantage des écrans en photogravure est évidemment leur minceur, car les écrans représentés par injection plastique sont la plupart du temps trop épais. Un remède consiste à les limer en biseau à l’avant, ce qui donne l’illusion qu’ils sont plus minces. Mais ceux de ce nouveau modèle Jouef ont à mes yeux un autre petit défaut : leur arête supérieure présente, vue de dessus, une ligne légèrement incurvée, alors qu’en réalité c’est une ligne droite. J’ai bien dit « légèrement » hein, rien à voir avec les anciennes 141 R Jouef qui, jusqu’en 1991 (à l’apparition du modèle R 1187 « Jouef-club ») avaient une énorme échancrure au-dessus de leurs écrans. Mais…j’avais envie d’essayer mes accessoires, alors…
     La « grosse buse », c’est à dire la cheminée Kylchap des 141 R N° 701 à 1340, je ne la trouve pas encore assez imposante, et n’aime pas bien la forme de sa collerette. Alors, pendant que j’y étais, les écrans étant ôtés…
     Si vous vous demandez pourquoi je tiens tant à ma « grosse buse », et bien c’est parce que j’ai toujours été impressionné par la taille de celle des 141 R réelles. D’abord quand j’étais gosse en voyant celle de la R 1020 alors affectée au dépôt de Dole, puis sur certaines photos dans les livres et revues, et enfin surtout lorsque j’ai pu monter en 2001 sur la R 1298 dans son atelier de l’APPAF à Miramas, pour prendre ses mesures avant de faire mon prototype. 

                                                         Eric Seibel – avril 2011

 

Vues sous le même angle des écrans et cheminée d’origine (ci-dessus) et avec les accessoires MECANIC TRAINS à la place (ci-dessous)

 

La cheminée chem 07 en fonderie laiton, après un petit coup de lime en la faisant tourner dans le mandrin d’une mini-perçeuse.

La cheminée M.T. collée à la place de celle d’origine. Un fraisage préalable (« à main levée ») sur la base est nécessaire, car la nouvelle a un diamètre un peu plus grand.

Tracer et plier les écrans (voir dans la rubrique « fiches-conseils »).

Les écrans en plastique d’origine se décollent très facilement. Couper l’échelle pour la récupérer. Les pinces « coupe-rase » sont idéales pour ça.

Engager l’écran en plaçant d’abord le petit tenon de la pointe dans le trou du tablier.

Emboîter l’écran sur la bordure du tablier. Il est nécessaire d’agrandir un peu l’échancrure du devant avec un petit coup de lime plate (bord du tablier trop épais).

Limer le montant du côté extérieur des échelles (celui qui vient contre l’écran) pour l’amincir. 

A droite, une échelle amincie. Le petit décrochement pratiqué à la lime permet l’emboîtement du haut de l’échelle sous le tablier.

Positionner l’échelle (attention à son bon alignement avec la « descente » en biais de l’écran, vu de l’extérieur). Coller avec quelques gouttes de cyano.

En se servant des trous de l’écran, percer dans la boîte à fumée (Diam. 0,5) puis coller des petites sections de fil maillechort dressé (Diam. 0,4) pour figurer les barres de soutien des écrans contre la boîte à fumée.

Une plaque photogravée de constructeur (fabrication Interfer) améliore encore le modèle (peinture en cours).